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photo-titre : Samuel Ramond
Bonjour - Adiu mounde - Adishats a toutis !
le site aramond propose des promenades archéologiques en Pyrénées centrales de GASCOGNE - COUSERANS - COMMINGES - VAL d'ARAN - BIGORRE - BEARN - une histoire générale des Pyrénées - une chronologie habitat/sociétés - enfin différents aspects qui sont autant d'exemples et de preuves pour aborder la complexité particulière de la culture pyrénéenne. Question de méthode, cette histoire se veut "en-personne", et tente de montrer la dualité unilatérale particulière qui existe entre les personnes (les minorités) et les instances (les autorités) qui tentent à tout prix de les gérer... à entendre ces dernières... les Pyrénéens n'existeraient pas ! seulement les Pyrénées ! ( voir dans les liens du site François Laruelle et la non-philosophie ). NOUVEAU  présentation de l'histoire des Pyrénées centrales de GASCOGNE - UASCONIE - WASCONIE - GASCONHA
Les
Pyrénées centrales de Gascogne :
Au
cours de leur histoire, les Pyrénéens ont établi en Piémonts et en Montagne une forme particulière d’économie et de société
qui a permis à des populations importantes de subvenir à ses besoins : manger,
dormir, élever des enfants, vivre ensemble, maintenir et développer des
terroirs... De la déglaciation des montagnes vers - 10.000 ans avant J.C.,
jusqu’aux années cinquante du XXe siècle, les
terroirs et les sociétés, ont pu suffire, et parfois largement, à
satisfaire les besoins humains élémentaires : vitaux et sociaux.
Autoconsommation oui, et
souvent resserrée ; mais aussi échanges avec les peuplements
voisins : tout le contraire de l’autarcie, du repli sur soi. Car non
seulement les échanges se font par dons et contre dons, et par commerces ;
mais aussi par mimétisme, quand on reprend à
son compte, dans ses mœurs, certaines pratiques et techniques voisines :
outils particuliers, objets décoratifs, éléments de parure... et même rites
funéraires... croyances.
Cette
très longue durée de l’économie pyrénéenne,
des sociétés et des terroirs, n’est bien sûr pas linéaire, toujours en
progression. Les données archéologiques et les documents d’archives se
présentent sous une forme certes continue, mais complexe,
et souvent difficile à interpréter-commenter.
Question de méthode :
Sur
d’aussi longues et différentes périodes - toujours
considérées du point de vue de la Montagne - les méthodes d’analyse des
sources seront très différentes.
La
Préhistoire :
étant
par définition une période sans écriture, c’est d’abord l’archéologie et elle
seule qui fera le principal des recherches. Ces données étant plutôt nombreuses
et provenant continûment de toutes les périodes, depuis le milieu du IVe millénaire
jusqu’à l’arrivée des Romains ; elles pourront être analysées sous le
rapport de la
longue durée en un même lieu : la Montagne. Dès le départ,
nous verrons les Pyrénéens développer « l’agro-sylvo-pastoralisme »
de Montagne, et vivre les premières formes de « la
communauté villageoise ».
La
carte archéologique du Castillonnais préhistorique est assez riche pour être
comparée avec les cartes archéologiques des Pyrénées, de l’Europe... et plus
particulièrement avec celles de l’ensemble géographique « Atlantique », puis « Ibero-Garonnais ». (voir
cartes générales).
A
partir de la fin du premier millénaire avant J.C., quelques écritures locales
et quelques sites archéologiques nous renseigneront directement sur les mœurs
et coutumes des « Aquitains »,
puis des « Aquitano-Romains ». La
grande histoire de Rome, très bien renseignée ; les fouilles
archéologiques bien avancées aussi dans les villae et civitae
; permettront quelques aperçus fiables sur les Pyrénées centrales Antiques.
Au
Haut Moyen-âge, du IVe au Xe siècle :
les
textes des Francs et des évêques catholiques romains mentionnent bien « les Vascons et la Vasconie », mais qui sont
alors de tradition complètement orale. De plus, en ces périodes, l’archéologie
romaine a presque complètement disparu et les fouilles ne découvrent
qu’exceptionnellement des strates du Haut Moyen-âge. Absence de texte, absence
d’archéologie... et pourtant, les courbes palynologiques indiquent un nouveau
départ économique, qui culminera jusqu’au XIIIe siècle !
Longtemps
négligée par les historiens, cette période (très difficile car très peu
renseignée) est maintenant considérée par les chercheurs comme la période clé
pour comprendre la dynamique des peuplements en Pyrénées, et plus largement de
ceux qui habitèrent entre la Garonne et l’Ebre. Quelques éléments, points de
vue et nouvelles découvertes, nous permettront notamment de
« relier » entre elles les périodes antiques et médiévales.
Au
Moyen-âge central :
à
partir du XIe siècle (chapelles romanes) mais surtout de la fin du XIIe siècle
(fond de Malte AD31, châteaux et villages médiévaux), les archives et les
archéologies sont nombreuses en Castillonnais et Pyrénées. Mais elles
nécessiteront encore d’être replacées dans le contexte très particulier de
« la féodalité » (ici celle
des comtes de Comminges), car cette nouvelle donne politique prend un visage
particulier en Midi, en Pyrénées centrales, dans les vallées de Montagne. Le
régime des Francs du Nord, notamment, tient manifestement compte, et dès les
premières archives, des instances villageoises, des :
« Bonshommes, Consuls et Syndics ».
A
partir du milieu du XVe siècle et surtout du milieu du XVIIe siècle :
l’archéologie
et les archives abonderont pour chacun des villages des Pyrénées
centrales : il n’y aura plus vraiment besoin de commenter les données.
Elles seront publiées presque telles quelles.
La palynologie :
Une
méthode permet actuellement de mesurer l’emprise humaine sur la très longue
durée - « la palynologie » - qui révolutionne actuellement la
recherche en sciences humaines tout autant que l’avaient fait les analyses
carbone 14 dans les années soixante du XXe siècle. La méthode palynologique
consiste à faire des carottages dans des sols particuliers, des terres très
fines et très compactées... généralement dans des tourbières où, sur quelques
mètres, plusieurs millénaires (post-glaciation) sont (parfois) conservés-stratifiés.
Les
palynologues - en Pyrénées le laboratoire Geode du CNRS-Muret Didier Galop - découpent les
carottes en tranches, puis datent ces tranches au carbone 14... Enfin, ils
comptent ce qu’elles ont pu conserver de pollens d’arbres et de plantes,
de charbons. De fait, sont obtenues des « courbes
palynologiques » ; dont certaines sont dites « anthropiques », notamment celles des
céréales, celles des plantes à troupeaux, enfin celles des charbons
(déforestations). Les champs, les estives, les forêts... Les chercheurs
comparent ensuite ces courbes aux données archéologiques et topologiques traditionnelles,
décrites et datées. Les livres de Christine Rendu - CNRS Toulouse FRAMESPA - en Catalogne dans les montagnes pastorales d'Enveig & de Didier Galop en pays Basques et Comminges sont la référence sur ces méthodes qui associent palynologie - archéologie - topologie et toponymie - traitement informatique des données.
Nous
avons donc désormais - grâce à la palynologie - les
premiers éléments d’un :
« Atlas Historique des Pyrénées »
valable de la Préhistoire à nos jours... parfois très renseigné par l’archéologie et par
les documents d’archives écrites (parfois très peu). Les analyses
palynologiques principales ont été réalisées en Cerdagne, Haute-Ariège, Comminges (Cuguron), vallée d’Aure, Val
de Aran, et à Iraty-Occabé en pays Basque.
Les
recensements de l’histoire contemporaine enregistrent un pic démographique très
important vers 1850. A cette date, l’ensemble du terroir est exploité, mais,
morcelé jusqu’en ses recoins les plus ingrats, surpeuplé, témoigne aussi de
beaucoup de dureté, de misère (et qui sont parfois nos seuls souvenirs directs,
oraux, du moins les plus anciens...). Jérôme Ramond - 2012 |